Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse: Communiqué de presse de l’A.S.E.P.E

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39047885Chaque année, le monde entier célèbre la journée dédiée à la lutte contre la déforestation et le sécheresse, le 17 juin. Cette journée mondiale marque l’anniversaire de l’adoption de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), créée en 1992, suite à une recommandation du Sommet Planète Terre de Rio.

C’est une journée à laquelle l’Association Ensemble pour la Protection (A.S.E.P.E), une Asbl de droit Burundais, met un accent particulier dans l’organisation de ses activités. Cette année, elle arrive dans un contexte sociopolitique complexe et où certains de nos membres ont déjà fui le pays vers les pays limitrophes. Nous nous contentons donc que de produire cet article que nous vous faisons parvenir par quelques voies qui soient possibles.

A l’occasion de cette célébration, l’UNESCO nous rappelle ici la problématique de la désertification.

Qu’est-ce que la désertification ?

L’UNCCD définit la désertification comme la dégradation des sols dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches. Elle se produit lorsque les sols sont fragiles, le couvert végétal amenuisé et le climat particulièrement impitoyable. Ces régions sont habitées par un cinquième de la population mondiale.

Un tiers de la superficie des terres émergées du globe (4 milliards d’hectares) est menacé par la désertification, et plus de 250 millions de personnes sont directement affectées par ce problème. 24 milliards de tonnes de sols fertiles disparaissent chaque année. Entre 1991 et 2000, les sécheresses ont entraîné la mort de plus de 280 000 personnes; elles représentent 11% de l’ensemble des catastrophes naturelles liées à l’eau.

Quelles sont les causes de la désertification?

Les principales causes de la désertification sont les variations du climat et les activités humaines. Il existe cependant plusieurs autres causes qui peuvent créer des situations susceptibles de conduire à la désertification. Parmi elles, il convient de citer le déplacement des réfugiés pendant les périodes de conflits, une utilisation des sols ou une protection de l’environnement inadaptée, des facteurs socio-économiques et politiques spécifiques.

Variations du climat :

Lorsque les températures sont élevées pendant plusieurs mois, elles provoquent des sécheresses qui empêchent la végétation de se développer.

Activités humaines :

Les activités humaines qui entraînent la désertification sont principalement liées à l’agriculture :

  • le surpâturage détruit le couvert végétal qui protège les sols contre l’érosion
  • la surexploitation épuise les sols
  • le déboisement détruit les arbres qui maintiennent la terre sur le sol. Le bois est la principale source d’énergie domestique (éclairage, cuisson) dans de nombreuses régions arides.
  • les mauvaises pratiques en matière d’irrigation entraînent une augmentation de la salinité, et assèchent parfois les cours d’eau qui alimentent les grands lacs. C’est ainsi que la superficie de la mer d’Aral et du lac Tchad, par exemple, a considérablement diminué au cours de ces dernières années.

L’intensification des activités humaines participe à l’augmentation de l’effet de serre, et provoque le réchauffement de la planète. Au XXIe siècle, les terres arides devraient être particulièrement sensibles aux hausses de températures.

Pauvreté et désertification : le cercle vicieux

Les pressions économiques peuvent conduire à une surexploitation des terres, et généralement, les populations les plus démunies sont également les plus durement affectées. Parce que la pauvreté oblige les populations dont la subsistance dépend de la terre à surexploiter celle-ci pour s’alimenter, se loger et disposer de sources d’énergie et de revenus, la désertification est en même temps la cause et la conséquence de la pauvreté. Les pratiques du commerce international reposent sur une exploitation à court terme des ressources locales axée sur l’exportation, ce qui va à l’encontre des intérêts à long terme des populations locales. La pauvreté entraîne la désertification, qui à son tour conduit à la pauvreté.

Les impacts de la désertification

La désertification a des effets sur tous les aspects de la vie, ce qui souligne à quel point l’environnement et les moyens de subsistance sont interdépendants.

Impacts sur l’environnement

Conséquence du dépérissement de la végétation, la désertification rend les terrains inondables et entraîne la salinisation des sols, la détérioration de la qualité de l’eau et l’envasement des cours d’eau et des bassins.

Impacts économiques

La désertification a d’énormes conséquences économiques. La Banque mondiale estime qu’au niveau planétaire, le manque à gagner des régions affectées par la désertification pourrait s’élever à 42 milliards de dollars américains, alors que le coût annuel de la lutte contre la désertification atteint seulement 2,4 milliards.

Pauvreté et migration de masse

La dégradation des sols est synonyme de famine et de pauvreté. Pour trouver d’autres moyens de subsistance, les populations qui vivent dans les régions menacées par la désertification sont obligées de se déplacer. Généralement, elles migrent vers les agglomérations ou partent à l’étranger. Les mouvements de populations sont l’une des principales conséquences de la désertification.

Entre 1997 et 2020, quelque 60 millions de personnes quitteront les zones désertifiées de l’Afrique sub-saharienne pour gagner le Maghreb et l’Europe.

Quelles sont les régions les plus menacées?

Plus de 110 pays ont des terres arides qui sont potentiellement menacées par la désertification. L’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine sont les régions les plus menacées par la désertification.

Que pouvons-nous faire contre la désertification? Régénérer et fertiliser les sols

Une façon simple et peu onéreuse de fertiliser les sols consiste à préparer du compost, qui deviendra de l’humus et régénérera les sols grâce à ses matières organiques.

Combattre les effets du vent

En construisant des barrières et en stabilisant les dunes de sable avec des plantes locales.

Reboisement

Les arbres jouent plusieurs rôles: ils contribuent à fixer les sols, font office de coupe-vent, renforcent la fertilité des sols, et aident les sols à absorber l’eau lorsque les précipitations sont fortes Étant donné que les incendies de terres et de forêts font augmenter les gaz à effet de serre, les opérations d’extension forestière peuvent contribuer à faire régresser les effets négatifs résultant du changement climatique.

Élaborer des pratiques agricoles durables

L’introduction de la monoculture a accéléré le processus de désertification. Les terres arides abritent un grand nombre d’espèces qui peuvent également devenir des produits commerciaux importants: aux États-Unis, elles permettent de fabriquer un tiers des médicaments produits à l’aide de plantes. La biodiversité agricole doit être préservée. La surexploitation des terres doit être compensée par des périodes au cours desquelles on laisse les sols ‘respirer’, sans culture et sans bétail.

Les modes de vie traditionnels

De nombreuses régions arides offrent de bons exemples de vie en harmonie avec l’environnement. Jadis, le nomadisme était particulièrement adapté aux conditions spéciales des terres arides : se déplaçant d’un point d’eau à un autre, ne restant jamais sur les mêmes terres, les populations pastorales ne portaient que très peu atteinte à l’environnement. Malheureusement, l’évolution des modes de vie et la croissance démographique exercent des pressions de plus en plus fortes sur les rares ressources et les environnements vulnérables. La route de la soie en Asie et les caravanes transsahariennes en Afrique sont de bons exemples de la vigueur des échanges économiques et culturels mis en œuvre par les sociétés nomades.(Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_364.php 

Quelle est la contribution de l’A.S.E.P.E dans cette lutte contre la déforestation et la sécheresse?
DSCN9947L’Association Ensemble pour la Protection de l’Environnement, A.S.E.P.E en sigle, une association sans but lucratif de droit burundais, agréée par le Ministère de l’Intérieur par l’Ordonnance Ministérielle numéro 530/253 du 11 mars 2008 s’est donné pour mission de mobiliser et sensibiliser la population à travers des séances de sensibilisation, des émissions sur Radios, Télévisions, et journaux ainsi qu’à travers des activités concrètes sur terrains visant la protection de l’environnement et de l’homme, pour arriver à son objectif de “Protéger l’environnement et promouvoir le développement intégral et durable” .

Dans cette dynamique de lutter contre la déforestation et la sécheresse, l’A.S.E.P.E a initié une nouvelle approche d’intégration de l’agriculture et l’élevage dans la protection de l’environnement. Dans cette approche, l’A.S.E.P.E travaille avec les agriculteurs et éleveurs au sein des groupements collinaires qu’elle crée et encadre sur chaque colline. Nous sommes actuellement actifs dans 5 provinces du Burundi (Cankuzo, Bujumbura, Muyinga, Kirundo et Rutana ). Chaque année, chaque groupement est appelé à préparer une pépinière d’arbres agro forestiers et forestiers que chaque membre plante dans son champ et sur leurs collines en vue de protéger leurs terres. A travers ces mêmes groupements collinaires, nous sensibilisons la population à lutter contre les feux de brousse, principal vecteur de déforestation et de sécheresse, ainsi que l’apprentissage de techniques modernes de l’ agricoles et de l’élevage pour accroitre la production tout en protégeant l’environnement.

Notre inquiétude sur le Burundi et les pays limitrophes

Des le début de cette année 2015, le Burundi affiche des signes précurseurs d’une crise sociale qui risque de détruire l’environnement à grand échelle comme il a été le cas dans les année 1993 jusqu’en 2003. A cause de ces signes qui deviennent de plus en plus parlant, plus de 100 000 Burundais ont déjà fui le pays. A la célébration de cette journée aussi, le climat reste confus. Le danger qu’il y a est que si le gouvernement Burundais et ses antagonistes n’usent pas de sagesse, une guerre peut éclater dans le pays et nul n’ignore les dégât que cela occasionne sur l’environnement: destruction de la faunes et de la flore, que se soit dans le pays que dans les pays d’accueil des refugiés, pour ne citer que cela.

Nos recommandation envers nos bénéficiaires sont qu’ils accueillent et mettent en pratiques nos conseils. Au gouvernement et à ses opposants, qu’ils fassent preuve de retenue et d’amour du pays et de leur peuple et lui épargne toute friction. Et enfin, aux acteurs de l’environnement, qu’ils mettent leur zèle à sa protection et surtout à la lutte contre toute activité qui emmène à la déforestation et la sécheresse et multiplier les activités orientées dans cette lutte contre la déforestation et la sécheresse et multiplier la créativité dans ce domaine.

“Protéger l’environnement, c’est promouvoir la vie”

Fait à Bujumbura, le 17 juin 2015

Diomède Mujojoma

Président et Représentant Légal de l’A.S.E.P.E

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